Chenal et port du Lindron

France > Nouvelle-Aquitaine > Charente-Maritime > Marennes

Selon Claude Masse, le chenal du "Lindron qui a 1900 toises de navigation […] c’est par ce canal que remontent les vaisseaux des marchands de Marennes jusqu’au port du Lindron " (cité par Thierry Sauzeau, 2010). La plupart des villages de la Seudre entretenaient leur chenal grâce à l’action d’un moulin à marée. Celui du Lindron est indiqué sur la carte de Cassini, non loin du moulin des Loges dans la commune de Saint-Just-Luzac.

Le chenal était utilisé pour le commerce du sel et autres denrées. Il accueillait le port de Marennes au hameau du Lindron avant l'aménagement du canal de la Charente à la Seudre et du canal maritime de Marennes au milieu du 19e siècle. En 1805, un rapport est présenté par le conseil municipal de Marennes et le le tribunal de commerce pour substituer le canal (ancien chenal de délestage) et le port des Seines au canal et port du Lindron. Une retenue avec écluse de chasse y est formée par le réservoir et le moulin qui s'y trouvent. La question avait déjà été évoquée en 1785 : finalement des travaux ont été réalisés au Lindron, avec approfondissement, élargissement et redressement du chenal. La retenue a été agrandie et des "graves de décharge et de carénage" furent établies sur les bords. Ces travaux n'empêchent toutefois pas les atterrissements qui se sont formés le long du chenal. En 1806, proposition est faite d'acquérir le moulin pour le compte du gouvernement, afin de mieux gérer l'écluse de chasse de la retenue. Finalement, par ordonnance du 3 novembre 1825, le moulin est acquis par la commune de Marennes avec ses dépendances, moyennant la somme de 4000 francs.

Le port de Marennes est ainsi décrit dans la Statistique du département de 1839 : "Le port de Marennes n'est pas dans l'enceinte de la ville ; il en est éloigné d'environ 1200 mètres. Ce port est composé de deux parties distantes l'une de l'autre de 2500 mètres ; savoir : le chenal de délestage, qui a une écluse de chasse avec une retenue par derrière, et le chenal du Lindron, qui sert de port proprement dit, et qui a 600 mètres de développement. Ces deux chenaux ne peuvent recevoir que des bâtiments de 80 tonneaux". Les bâtiments qui se tiennent à l'embouchure du chenal ont un tirant d'eau de 3m. Le chargement et le déchargement des navires se font au moyen de planches appuyées sur les bords naturels du chenal. Ce chenal peut contenir 200 bâtiments. Le port proprement dit ne peut en recevoir qu'une quinzaine. L'envasement est rapide. Des bateaux y sont construits même s'il ne s'agit pas là d'un véritable chantier naval : la partie aval du port est souvent employée à cet usage. Le carénage se fait dans une petite forme.

Le commerce du chenal et du port du Lindron consiste dans l'exportation des sels des nombreuses salines qui les bordent sur toute leur étendue. Le port sert particulièrement à l'exportation des vins et eaux-de-vie de la contrée et à l'importation de toutes les denrées nécessaires à la ville de Marennes. 

Le moulin détruit est remplacé par une écluse en 1850 ; les travaux du canal de la Charente à la Seudre modifient la configuration des lieux, avec l'établissement d'une passerelle puis d'un pont tournant sur le canal. Le dévasement du chenal s'effectue au moyen de chasses données par l'écluse et par un dragage exécuté avec le bac à râteau de M. l'ingénieur en chef Masquelez. 

A la fin du 19e siècle, il est indiqué que les barques de 50 tonnes peuvent remonter jusqu'à l'écluse de chasse, mais que les navires de 100 tonnes ne peuvent dépasser la charge de Chevrèche située aux deux tiers de la longueur du chenal. Ainsi, le chenal est bordé de ces zones de charge aux points de chargement des sels : "ce sont des terre-pleins d'une surface assez grande pour que les chevaux qui apportent les sels puissent s'y mouvoir librement". Il en existe une quinzaine sur le chenal du Lindron. Le canal maritime s'est progressivement substitué au chenal du Lindron. Toutefois, ce dernier est toujours emprunté par les chalands des ostréiculteurs.

Périodes

Principale : Moyen Age

Principale : Temps modernes

Principale : 19e siècle

Principale : 20e siècle

Le chenal du Lindron constitue la limite est avec la commune de Saint-Just-Luzac : il rejoint la Seudre en amont du débouché du canal maritime de la Charente à la Seudre. Il parcourt les anciennes laisses de mer, sartières, marais salants devenus marais ostréicoles, en passant par le village ostréicole de la Chancrette, implanté en bordure à 1km 700m de la Seudre ; il rejoint après plusieurs méandres le village du Lindron, à partir duquel il est parallèle au canal de la Charente à la Seudre qu'il finit par rejoindre au sud du franchissement de la route départementale qui traverse Marennes. Sa longueur totale, depuis la Seudre, jusqu'au village du Lindron est d'environ 5 km ; à la fin du 19e siècle, sa largeur moyenne était de 25 mètres et sa profondeur de 3m35 en vive eau ordinaire : il s'est depuis beaucoup envasé. L'écluse du Lindron constitue la limite de salure des eaux (décret du 26 décembre 2014).

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Charente-Maritime , Marennes

Milieu d'implantation: en écart

Lieu-dit/quartier: Lindron

Cadastre: 2024 WC, J04 (Domaine public maritime ; non cadastré)

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